Recension du livre prédateur masqué De Marthe BULAMATARI Par Djodji BELAU

 

 

 

 

Prédateurs masqués


Auteur : Marthe Bulamatari
Illustrateur :
ISBN : 978-2-930999-44-9
Format : 13,5x20cm 128 pages

 

Image

Un drame actuel qui raconte le vrai avec des mots vrais !

Que dire d’un livre quand nous finissons de le lire ? Somme toute, bien des choses ! Il est passionnant, enthousiasmant et profond. Ou encore, c’est un bon livre mais personnellement il ne m’a laissé aucune espèce d’émotion.

Oui c’est vrai !

Cela se dit par un lecteur détaché, détaché de tout devoir, de tout devoir d’analyse et de critique profonde.

Ah ! J’aurais voulu être ce lecteur qui n’a aucune autre responsabilité que de lire, lire pour le plaisir, et rendre, rendre sans plus, rendre à soi-même.

Mais une tâche plus profonde m’a été confiée, une tâche qui, je le pense, n’est pas à la portée de mon esprit ni d’aucun autre d’ailleurs.

C’est la difficile tâche d’être le recenseur d’une œuvre.

Que dire d’un livre quand on le rend ? Que dire d’une histoire quand elle se raconte, quand elle se dit parfaite avec ses imperfections, ses coquilles, ses ratés ?

Une histoire qui partout emporte, emporte nos cœurs, nos pensées et nos questions. Une histoire qui se veut en guerre, en guerre étroite contre l’Histoire elle-même, en guerre contre la mémoire, en guerre contre la justice, le droit, la foi, la religion, la politique et les hommes. Oui, contre l’injustice des hommes, des hommes en tout genre. Juge, avocat, pasteur et abbé. Oui ces pasteurs, diacres du sacre qui pourtant offrent des fiacres malades et distillent dans l’amère existence leurs poisons.

C’est dans un jeu de fourberie que ce narrateur qui est un protagoniste externe, raconte le récit de ces prédateurs sauvages ; pas cette fourberie à la Molière qui ramène joie et paix dans une discorde pleine de bonnes intentions, mais une fourberie à la dure, où toutes les limites Kafkaïennes brassent d’un rire jaune le point de non-retour qui veut le mal de l’autre pour son seul bien propre.

Le décor est planté dans une scène loin de l’enfer Sartrien ; plutôt une scène qui renvoie aux camps de concentration Auschwitz de cet Hitler qui voulait le droit par la force. Telle la scène de ce Makala, lieu de correction de toutes les vérités politico-administratives que chaque puissance veut taire.

C’est la volonté des puissances que nous narre l’intrépidité profonde de ce griot moderne qu’est Marthe BULAMATARI. Prendre le risque de voir une œuvre rejetée à cause de sa vérité, à cause de la vérité que seule la plume sait narrer. Narrer avec force et conviction.

Puisque « toute la justice était entre leurs mains ; qu’ils avaient tout pouvoir coercitif et qu’ils pouvaient, à la volonté, lui tordre le cou »

Chaque page raconte l’histoire d’une période, d’une période de l’histoire qui ne se raconte pas ou plus, selon que l’auteur du méfait est un puissant qui sait faire taire sa proie. Lui, le prédateur !

L’histoire politique de ce beau pays qu’est la RDC. Le temps capricieux ne nous offre pas le temps de tout dire sinon à votre soif, de vous laisser lire toutes ces histoires par vous-mêmes.

Prédateurs ils le sont tous ! Tous masqués !

                                                          

Et dans cette routine prédatrice, continue la course de la chance, « chance eloko pamba »

Une dialogique interprétative qui laisse entendre le rien sinon le sans intérêt de l’espoir d’une chance, pardonnez ma difficulté à comprendre les mots de mes pensées.

Face au mensonge, y a-t-il une justice juste ? « Quand la poche du civil doit être raclée, de fond en comble, car c’est là où sont gardés les butins que doivent relever les hommes et le femmes en uniformes ! »

Elle brasse tout : politique, foi et vécu quotidiens de cette kinoise chérie.

9 parties composent ce drame kinois, oui 9 parties qui sont la conséquence triste d’une histoire réelle. Qui va du machiavélisme pur, au simple sadisme sauvage ! Jeu politique, justice obscure dite à deux vitesses, boite manœuvrée par des mains sales, gantées de blanc. Double rhétorique au sens de cette couleur qui se conserve intacte dans la narration le 4ème mur !

Une histoire sans nom d’une innocence menacée et d’une vie perturbée, traçant dans la chair de la société des stigmates mémorables. Excuser l’apparente redondance mais, l’auteur se veut le témoin parlant d’une horrible histoire vécue par les yeux et la chair d’un homme, qui repense une histoire dont la mémoire ne veut se dédire.

Un mélange de style qui, coupé, dénote de la précision de l’auteur qui nous plonge dans une vue qui se veut simple et claire, mais aussi un style lié qui décrit avec perfection les scènes de la partie d’une vie que l’auteur nous offre, mais surtout un style oratoire plein de verve qui décrit la maitrise de l’outil de l’auteur, je veux dire la langue !

Un roman épistolaire qui nous tient en haleine durant toute la lecture, tant l’auteur nous offre un cocktail de mots nous ouvrant de plus en plus l’appétit curieux de l’histoire, tant la suspension consentie de l’incrédulité nous emporte à cause de la cohérence du récit.

Comme je l’ai dit au tout début :

Ce roman est un drame actuel qui raconte le vrai avec des mots vrais !

   KINHASA

Le 15/02/2020

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Catégories du Blog.

Articles Récents

Réseaux Sociaux

Souscrivez