Ma lecture de "une envie de Kinshasa et autres nouvelles" de Nzau Lembe, ed. Bassama, Bruxelles 2019.

Ma lecture de "une envie de Kinshasa et autres nouvelles" de Nzau Lembe, ed. Bassama, Bruxelles 2019.

J’ai envie de vous raconter une de mes aventures de lecture. « Une envie de Kinshasa et autres nouvelles » de Nzau Lembe, paru aux éditions BASSAMA.



Nzau Lembe est un jeune (il a quand même 35 ans) Bruxellois originaire de Kinshasa, plus précisément du quartier Yolo. Je les connais personnellement depuis plus de trente ans, lui, ses frères et ses sœurs dont Lina ma condisciple une bonne dizaine d’années et qui est la seule fille avec laquelle je me suis battu... et qui m’a battu. Ça c’est une autre histoire.

Nzau est donc un ami par la force du temps mais pas seulement. Surtout par la force des passions communes dont la musique, la littérature, la philosophie… l’homme en fait. Lui, c’est une sorte de couteau Suisse qui ne sait pas toujours où donner de la tête, entre ses fourneaux de cuisinier, la passion qui le nourrit (le fait vivre) à Bruxelles, la communication et le journalisme qu’il a étudiés respectivement à Kinshasa et à Bruxelles, la musique dont cet amoureux de Lokwa Kanza et du Jazz est féru (il a sorti un album « Nzela eza molayi » toujours disponible sur Itunes) et l’amour des lettres.

Ce recueil de nouvelles est son premier-né littéraire. Il commence par un texte plein de touchante poésie qui n’est pas vraiment une nouvelle, mais plutôt une sorte de déclaration d’amour paradoxal à une ville paradoxale. Un je t’aime moi, non plus.

« Quand je suis à Kinshasa, j’ai la sensation d’être chez moi. D’ailleurs je suis chez moi avec mes frères de sang, de jeu, de couleur, de patrie. Les sentiments de retrouvailles ne cessent d’assaillir mon être chaque fois que j’y repense. Je me dis à tout instant : « Que c’est bien d’être à la maison ! »
Cette première nouvelle est un résumé de tout le recueil, un hymne d’amour à une ville que l’on aime détester et que l’on déteste parfois aimer. Des traits soulignant ses travers, des odes vantant sa magie, une chanson racontant son indicible singularité.

L’auteur décrit la ville mais aussi ses habitants. Il les regarde avec admiration, incompréhension, amusement. Il ne les juge que très peu. Il est l’un d’eux. Les odeurs, les vacarmes, la générosité, les fourberies, l’inversion des valeurs, l’insécurité, l’altruisme, les politiciens et leurs simagrées, les pasteurs et leurs escroqueries, la diaspora et sa condescendance (dont l’auteur ne se départit pas toujours lui-même), et toutes ces épices-là qui font Kinshasa.

Il nous promène ensuite dans une villa abritant une famille nantie, une des celles pour qui, le pays défoncé, dysfonctionnel, aberrant pour le reste des gens qui l’habitent, est une sainte bénédiction. Mais derrière les ors, se cachent bien des choses moins reluisantes.
Le passage dans une église de la place « ECOLE » et la personnalité, curieusement attachante de la Sœur Esther, pétrie de contradictions sommes toutes assez banalement kinoises amusent autant qu’ils interpellent dans « Révélations ».

La culpabilité à Kinshasa ne répond pas toujours aux mêmes critères qu’ailleurs et peut changer de camps de manière aussi impromptue que le jeu des influences politiques et économiques le permet. Il importe donc de bien « soigner les relations ». C’est l’histoire du « Coupable ».

Les déceptions des Kinois de la diaspora dans leurs rapports avec la famille restée au pays sont assez fréquentes dans les rubriques des faits divers. Les véritables abus de confiance relatés ne sont néanmoins pas du tout mythiques, Thierry le neveu mikiliste de « Tantine Mado » ne contredira pas l’auteur.

Mais ceux des membres de la diaspora qui ont eu l’opportunité de se retrouver dans le système politique en place constituant un État et une administration qui exploitent sans état d’âme les ressources du pays, eux n’ont pas à se plaindre. Pas question de se formaliser d’une « réunion d’urgence », les compensations financières, et fémi…

Au Car de Tour 1 avec Nzau Lembe.

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