La boue est vivante. L’asphalte c’est la mort.

La boue est vivante. L’asphalte c’est la mort.

Il y avait une grosse boue. La ville est sale après la pluie. Alors imagine, GAMBELA. La boue était grosse. Pour traverser l’avenue, on avait des planches douteuses et cailloux glissants.

Un monsieur bien enveloppé, bien en santé, traversait juste devant nous. Il glissa, plongeant bedaine première dans la bourbe. Il se releva bien vite, mais la vase était si profond qu’il y était plongé jusqu’aux genoux. Nous passâmes après lui comme des acrobates. Une fois passé, je lui demandai de regarder la boue : « Je vais regarder quoi, la saleté ? ».

Je souris : « La boue est plus belle que l’asphalte. La boue est vivante. L’asphalte c’est la mort. Dans la boue, la vie dessine des fresques. Des fresques qui nous racontent des histoires. Des histoires de pneus. Des histoires de pieds. Des histoires de pneus de voitures. Des traces des freins. Des histoires de crissement, de ce gros monsieur qui tombe dedans. Des contes de voitures qui patinent. Des récits de pied qui s’enfoncent dans des jurons. La boue a quelque chose à dire. L’asphalte c’est bien confortable. Mais ça ne raconte rien qui vaille. Madame, vous pouvez être fière lorsqu’on vous traite de boue. C’est majestueux la boue, c’est surtout laborieux. ».

Elle me regarda avec ses gros yeux de MAKINU sans son scaphandre de combat : « tu le finis quand ton roman ? Garde ton gros français pour ton livre. Ce même jour-là, quelque part sur notre chemin de boue, elle me bougea l’épaule alors que je somnolais dans sa Jeep rutilante : « tu avais raison vieux philosophe, regarde les jolies fleur dans la boue. La nature nous enseigne, des si belles fleurs germent dans la boue ».
La Ville et Fayot Ipopo l’appellent TANGAWISS. Pour moi, elle est MAKINU ma danse, la petite fille qui me regardait avec ses yeux d’ange dans mon ligablo.

@biatitudes

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